Enjeux macroéconomiques
Investissements, infrastructures et incitations : les clés du développement du CCUS
Le développement du CCUS représente un investissement significatif, mais indispensable pour réduire les émissions industrielles. Il nécessite la mise en place d’infrastructures complexes : systèmes de captage, réseaux de transport du CO₂ et sites de stockage sécurisés. À l’échelle européenne, on estime qu’environ 7 300 km de réseau de transport de CO₂ seront nécessaires d’ici 2030.
Pour que ces investissements soient viables, plusieurs conditions doivent être réunies :
- des volumes de CO₂ captés suffisamment importants,
- une proximité entre les sites d’émission et les zones de stockage ou de valorisation,
- une approche intégrée de la chaîne de valeur.
Le développement du CCUS sera donc priorisé dans les régions disposant de capacités de stockage géologique et où des projets de valorisation du CO₂, comme les électro-carburants, sont encouragés.
Enfin, la viabilité économique de cette filière dépendra fortement du prix du carbone. En Europe, le système d’échange de quotas d’émissions (ETS) constitue un levier important, tout comme les incitations économiques mises en place pour soutenir les projets CCUS.
Enjeux technologiques
Accélérer l’industrialisation du CCUS
Pour que le CCUS devienne une solution pérenne dans la lutte contre le dérèglement climatique, il est essentiel de rendre ses technologies plus efficaces et accessibles. Cela implique d’améliorer les systèmes de captage du CO₂ dans les fumées industrielles, réduire les coûts des installations, sécuriser le stockage du CO₂ dans le sous-sol, et explorer des usages innovants comme sa transformation en carburants de synthèse.
Certaines parties de cette chaîne technologique - comme la capture du CO₂, son stockage ou sa valorisation - sont déjà matures ou en phase de démonstration via des pilotes industriels. Il est essentiel d’accélérer le déploiement de ces pilotes pour valider l’ensemble de la chaîne, démontrer la faisabilité à l’échelle industrielle et favoriser l’émergence des premières solutions opérationnelles.